DIOR : UNE FILIALE ITALIENNE PLACéE SOUS ADMINISTRATION JUDICIAIRE POUR TRAVAIL FORCé

La filiale italienne Manufacturers Dior Srl du géant français de la mode a été placée sous administration judiciaire pour une durée d’un an. Elle a sous-traité sa production à des entreprises chinoises.

Le géant français du luxe Dior dans la tourmente ? D'après les informations recueillies par BFMTV, une entreprise détenue par la filiale italienne du groupe français a été placée sous administration judiciaire par un tribunal italien lundi 10 juin. Manufacturers Dior Srl a en effet été placée sous administration judiciaire pour une période d’un an pour avoir sous-traité sa production à quatre entreprises chinoises. Or, celles-ci sont accusées de travail forcé. Les quatre sous-traitants chinois en question auraient employé 32 travailleurs dans des usines situées à Milan et dans ses environs. Parmi eux, sept n’auraient pas les papiers requis en Italie et deux seraient des immigrés clandestins.

Selon le document transmis par le tribunal, tous ces employés travaillaient dans «des conditions hygiéniques et sanitaires qui étaient en deçà du minimum requis» et ils étaient même forcés de dormir sur leur lieu de travail afin d’avoir une «force de travail disponible 24 heures par jour». Selon ZoneBourse, les données inhérentes à la consommation d’électricité ont montré que les cycles d'utilisation de l’électricité étaient continus, de jour comme de nuit, et pendant les vacances. Et pour faire fonctionner les machines plus rapidement, les dispositifs de sécurité avaient été retirés.

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Un sac produit pour 53 euros revendu 50 fois plus cher

Des pratiques qui auraient permis aux sous-traitants de limiter leurs coûts et facturer par exemple un sac à main - le modèle PO312YKY - à 53 euros, alors qu’il est vendu au prix de 2 600 euros par Dior en magasin. Le document judiciaire mentionne également le fait que la filiale italienne du groupe de luxe n’a pas appliqué les «mesures appropriées pour vérifier les conditions de travail réelles ou les capacités techniques des entreprises contractantes».

Contactée par Reuters et BFM Business, la maison mère de Dior, LVMH, n’a pas souhaité répondre pour le moment. L’année dernière, le tribunal de Milan avait pris des mesures similaires à l’encontre d’autres acteurs du luxe, comme une entreprise italienne de sac à main, et plus récemment, en avril, à l’encontre d’Armani Group. Ces enquêtes sont de plus en plus fréquentes et interviennent dans un contexte où les consommateurs et investisseurs s’intéressent aux chaînes d’approvisionnement. À ce jour, l’Italie couvrirait encore 50 à 55% de la production mondiale de vêtements de luxe et d'articles en cuir.

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