GUERRE EN UKRAINE : L'OTAN ENVOIE CINQ SYSTèMES DE DéFENSE ANTIAéRIENNE, APRèS DES MOIS D'ATTENTE

Après des mois d'attente, mardi, lors de l'ouverture du Sommet de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan) organisé à Washington, plusieurs pays membres ont confirmé l'envoi d'un total de cinq systèmes de défense antiaérienne à l'Ukraine.

Parmi ces systèmes de missiles sol-air, quatre sont des batteries Patriot de conception américaine. Ceux-ci sont particulièrement efficaces pour intercepter les missiles balistiques russes. Le cinquième système de défense antiaérienne annoncé mardi est une batterie de SAMP/T, des systèmes de missiles de fabrication franco-italienne, que l'Italie avait déjà dit être prête à livrer.

Seule une batterie Patriot, donnée par les Etats-Unis, représente une nouveauté par rapport à ce que Kiev s'est vu promettre au cours des dernières semaines, après des appels répétés de son président Volodymyr Zelensky. Les Alliés se sont également engagés à fournir d'autres Patriot ou systèmes équivalents « cette année », et des « dizaines » de systèmes tactiques de défense antiaérienne, « dans les prochains mois ».

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Les Etats-Unis vont également reprogrammer la livraison de batteries de missiles, afin que Kiev puisse disposer de « centaines d'intercepteurs sol-air supplémentaires tout au long de l'année prochaine », selon un communiqué commun des Etats-Unis, des Pays-Bas, de la Roumanie, de l'Allemagne, de l'Italie et de l'Ukraine.

« La Russie ne gagnera pas », a lancé avec force le président américain, Joe Biden, dans un discours très attendu mardi.

Zelensky appelle les membres de l'Otan a faire plus

Un message envoyé au moment où l'Ukraine a été la cible lundi de frappes russes meurtrières, dont le bilan est monté à 43 morts et quelque 200 blessés, selon Kiev. Elles ont notamment dévasté le plus grand hôpital pour enfants du pays.

Le président ukrainien, arrivé mardi à Washington, a remercié les alliés pour leur « forte déclaration » de soutien. Dans un discours dans la soirée, il les a également appelés, et particulièrement les Etats-Unis, à ne pas attendre le résultat des élections américaines en novembre pour affirmer leur soutien.

« Il est temps de sortir de l'ombre, de prendre de fortes décisions, de travailler, d'agir et de ne pas attendre novembre ou n'importe quel autre mois », a-t-il déclaré.

« Nous nous battons pour obtenir davantage de défense antiaérienne (et) davantage d'avions F-16 », dont la livraison à l'Ukraine est attendue prochainement, a-t-il ajouté.

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De son côté, à l'ouverture du sommet, le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a rappelé dans son discours que l'Alliance n'était pas un « », mais le « résultat de choix délibérés et de décisions difficiles ». Idem en ce qui concerne le soutien à l'Ukraine, qui requiert « des coûts et des risques ».

« Il n'y a pas d'options sans coût avec une Russie agressive comme voisin », a-t-il affirmé, rappelant que le « coût le plus élevé et le risque le plus grand seraient que la Russie gagne en Ukraine ». En réponse, la Russie a fait savoir mardi qu'elle suivrait avec « une attention maximale » ce sommet des 75 ans de l'Alliance atlantique.

Le risque du retour de Trump

Autre demande de Kiev : rejoindre l'Alliance au plus vite. Mais l'Ukraine n'a, jusqu'à présent, reçu que des promesses d'adhésion, sans aucune invitation formelle. Ce refus des Alliés avait été qualifié d'« absurde » par le président ukrainien lors du précédent sommet l'an dernier à Vilnius, qui avait tourné au psychodrame.

Le langage utilisé sera important et certains des 32 pays membres de l'Otan souhaitent que la déclaration du sommet mentionne le caractère « irréversible » d'une future adhésion de Kiev. D'autres, plus prudents, évoquent une « accélération », selon un diplomate à Bruxelles.

Cependant, un éventuel retour de Donald Trump à la Maison Blanche risquerait d'éloigner un peu plus cette perspective. Pour rappel, dans le passé, ce dernier a qualifié l'Alliance atlantique d'organisation « obsolète », inquiète à Bruxelles et dans de nombreuses capitales européennes. « Il ne fait aucun doute que l'issue possible des élections américaines sera dans tous les esprits », juge Ian Lesser, du groupe de réflexion German Marshall Fund of the United States.

Au cours de son premier mandat (2017-2021), le magnat républicain avait déjà eu maille à partir avec ses alliés européens, dénonçant leur ingratitude et le fait que les Etats-Unis assumaient seuls le fardeau. Donald Trump a depuis redoublé d'ardeur. Il a provoqué un tollé en disant qu'il encouragerait le président russe Vladimir Poutine à « faire ce qu'il veut » si un pays de l'Otan ne respectait pas ses engagements financiers envers l'Alliance.

Les pays européens membres de l'Otan sont francs : ils ne pourraient pas combler le vide béant que laisserait Washington si les Etats-Unis quittaient l'Alliance militaire occidentale. « Ce serait la fin de l'Otan si les Etats-Unis se retiraient et ce serait la fin de la dissuasion », juge un diplomate européen interrogé par l'AFP. Toutefois, nombreux sont ceux qui pensent que l'Otan pourrait sortir indemne d'un nouveau mandat de Donald Trump à la Maison Blanche. D'où la nécessité pour eux de développer la défense européenne. Les pays européens ont augmenté leurs dépenses militaires. Le sommet de l'Otan devrait ainsi mettre en avant le fait que, cette année, 23 des 32 pays de l'Alliance devraient consacrer 2% de leur produit intérieur brut aux dépenses militaires.

Les munitions arrivent enfin en grand nombre en Ukraine

Après des mois de pénurie aiguë, les livraisons de munitions occidentales, surtout des obus d'artillerie, s'accélèrent sur le front en Ukraine, où l'approvisionnement s'est nettement amélioré ces dernières semaines. L'état-major des forces armées ukrainiennes, ainsi que des représentants de trois brigades servant dans la région de Donetsk, sur le front Est, ont tous confirmé une augmentation des approvisionnements par rapport au début de l'année.

« C'est devenu mieux depuis environ un mois et ça continue de s'améliorer, du moins en ce qui concerne les obus d'artillerie de calibre 155 millimètres », a indiqué à l'AFP, fin juin, un sergent ukrainien répondant au nom de guerre Lountik. Si au premier trimestre, les munitions dans son unité étaient strictement rationnées à « six obus par canon par 24 heures », aujourd'hui la limite a été portée à « jusqu'à 40 par jour », a détaillé le militaire.

Une nette amélioration due en partie à Prague qui a organisé une initiative d'urgence pour acheter des munitions à l'extérieur de l'Europe et les envoyer à l'Ukraine. « La première cargaison de munitions provenant de notre initiative est arrivée en Ukraine il y a quelque temps. Nous faisons ce qu'il faut », a d'ailleurs déclaré le 25 juin, le Premier ministre tchèque Petr Fiala sur le réseau social X.

 (Avec AFP)

2024-07-10T08:48:28Z dg43tfdfdgfd