Madagascar traverse une "crise profonde". Le gouvernement de cette île de l'Océan indien a déclaré mardi l'état d'urgence énergétique pour 15 jours, en raison des difficultés d'approvisionnement liées à la guerre au Moyen-Orient.
"Cette décision a été prise à la suite du constat d'une crise profonde liée aux dysfonctionnements dans l'approvisionnement en énergie à travers le pays", assure le gouvernement dans un communiqué.
La majeure partie des importations de carburant sur cette île de l'Océan indien provient d'Oman, au sud du détroit d'Ormuz. Le gouvernement a opté pour cette mesure lors d'une réunion destinée à examiner les conséquences de la crise sur la vie quotidienne, l'économie et le fonctionnement des services publics.
"Cette crise engendre également des troubles au niveau de l'ordre public, de la sécurité, de la stabilité et de l'administration", précise le gouvernement dans son communiqué.Selon les autorités malgaches, l'état d'urgence énergétique va permettre de "renforcer la capacité de l'État à agir rapidement pour résoudre les problèmes d'approvisionnement en énergie, garantir le bon fonctionnement des services publics et préserver les conditions de vie de la population".
Madagascar produit la plupart de son électricité en utilisant des carburants. Le principal fournisseur de l'île étant situé dans le port omanais de Sohar, à environ 150 km (90 miles) au sud du détroit d'Ormuz, les expéditions n'ont pas à passer par cette voie maritime et aucune perturbation n'a été signalée, seulement des retards de plusieurs jours.
La décision prise par le gouvernement malgache précède l'annonce, dans la nuit de mardi à mercredi 8 avril, d'un cessez-le feu temporaire du conflit opposant l'Iran aux États-Unis.
L'une des conditions qui a fait l'objet d'un accord entre les deux parties pour mettre en pause les hostilités est la réouverture du détroit d'Ormuz, où le trafic commercial a subi un coup d'arrêt, entraînant par ricochet une flambée mondiale des prix de l'énergie. Les hydrocarbures du Golfe doivent en grande partie transiter par cette voie, qui n'a pu être empruntée ces derniers jours que par une poignée de navires.
L'accord prévoit "l'ouverture totale, immédiate et sécurisée du détroit d'Ormuz", comme l'a indiqué le président américain Donald Trump dans une déclaration sur ses réseaux sociaux. De son côté, l'Iran a posé comme préalable le "maintien" de son contrôle sur le détroit.
2026-04-08T05:06:16Z